

Psychanalyste n’est pas une profession, ni une fonction sociale, plutôt la façon éthique d’assumer une sorte de "suicide social" (…)
LES SÉMINAIRES
Lacan, nous et le Réel.
#115 - morale du réel.
#114 - bouts de réel.
Dans cette séance, Christian Dubuis Santini poursuit son exploration de l'angoisse et du réel, et y déploie une thèse centrale : l'éthique psychanalytique ne relève pas d'une morale commune, mais d'un rapport singulier au réel. Il revient sur le stade du miroir et l'aliénation du moi, en s'aidant de l'apologue de l'aveugle et du paralytique, pour montrer comment l'identification à l'image est une fascination qui nous coupe de notre propre désir, et les idéologies contemporaines, les discours dominants, sous couvert de « bien », éliminent l'angoisse et nivellent les singularités. Ici intervient la distinction précise entre morale et éthique. La morale, , suppose toujours une réciprocité — je ne te fais pas ce que tu ne me fais pas — c'est-à-dire un rapport de petit autre à petit autre. Or la psychanalyse ne connaît pas de réciprocité : il n'y a rien d'autre au monde qu'un objet petit a, et une asymétrie radicale avec ce qui vient devant nous. D'où cette remarque, empruntée à Hegel autant qu'à Nietzsche, selon laquelle la morale de réciprocité est une morale du faible. L'éthique, elle, ne se règle pas sur les mœurs ; elle est amorale plutôt qu'immorale, et elle engage un sujet seul face à son rapport à la vérité — un rapport qui touche au réel, non à un jugement, dernier ou pas. CDS y revient par Kafka et la porte de la loi : personne d'autre n'attendait derrière cette porte. Ainsi, l’envers de l'inconscient n'est pas la conscience mais la parole — c'est en laissant la parole nous parler qu'on réduit d'autant cette détermination silencieuse par laquelle s’applique, sans le savoir, la loi du langage.
« Dès que ça se sait, [dès] que quelque chose vient au savoir du réel, il y a quelque chose de perdu, et la façon la plus certaine d’approcher ce quelque chose de perdu, c’est de le concevoir comme un morceau de corps. »La séance montre comment, à partir de l’ambiguïté freudienne entre amour et identification — où le sujet peut à la fois aimer l’objet et vouloir être comme lui — Lacan déplace la question vers une dialectique de l’être et de l’avoir : le sujet se constitue dans un mouvement où il est d’abord objet pour l’Autre avant de pouvoir se situer comme sujet, et où « être » et « avoir » se répondent sans jamais se confondre. Cette dialectique est structurée par la castration et par la perte introduite par le signifiant ; l’angoisse surgit précisément lorsque cette séparation vacille, lorsque le manque vient à manquer et que l’objet petit (a) devient trop présent, trop réel.
POLITIQUE DE LA PSYCHANALYSE

Seule une critique de l’idéologie pourrait permettre au sujet de s’extraire de l’impasse discursive dans laquelle se sont enfoncées les "démocraties occidentales", en prise aux puissants Denkverbot (interdit de penser) que sont :
- L’innovationnisme technologique
- L’écologisme-climatisme
- Le lgbtisme-féminisme
- L’antiracisme…
qui par le surmoi social (Kultur-Überich) qu’ils font peser sur le sujet du discours courant, ouvrent la porte à un fascisme numérique supranational plus toxique, régressif et dévastateur que tout ce que l’humanité a connu jusque là…ologie libérale-libertaire dont se soutiennent les technologies dites "numériques", le sacro-saint mythe progressiste identifié aux seules performances machiniques du calcul : 0 ou 1.
À l’opposé de cet obscurantisme new-age, pour ceux qui ont appris à compter jusqu’à trois, il y a la découverte freudienne de l’inconscient dont les conséquences restent encore largement ignorées plus d’un siècle après…
